La dénomination des circonscriptions électorales

Les noms des circonscriptions électorales s’inscrivent dans la culture et l’histoire des populations. Ils doivent bien représenter les lieux qu’ils désignent et jouer leur rôle de repères fiables de la mémoire collective.

Conformément à la Loi électorale, la responsabilité d’attribuer un nom à chaque circonscription revient à la Commission. La Loi électorale précise que cette dernière peut procéder à la dénomination après avoir pris l’avis de la Commission de toponymie du Québec.

Consciente de l’importance de la dénomination des circonscriptions électorales, la Commission de la représentation électorale s’appuie sur des règles pour guider l’évaluation des noms qu’elle souhaite attribuer aux circonscriptions. Ces règles s’inspirent largement des balises de la Commission de toponymie du Québec.

Étape 1

La première règle a pour but d’assurer la stabilité de la nomenclature des circonscriptions électorales, à laquelle la Commission accorde une grande importance. Ainsi, au nom du principe de l’usage des noms, la Commission considère que les noms en usage constituent des repères plus performants que les noms qui ne le sont pas. Selon cette règle de nomenclature, une circonscription électorale dont les limites ne sont pas modifiées conserverait son nom.

Étape 2

La seconde règle de nomenclature de la Commission prévoit que le nom d’une circonscription électorale dont le territoire est modifié reste opportun si les motifs qui sont à l’origine de sa dénomination sont encore valables. Par exemple, le nom d’une circonscription comportant une référence à un lieu géographique (une rivière, une ville, un mont, etc.) qui a donné son nom à la circonscription demeurerait indiqué si ce lieu se trouve encore compris entièrement ou suffisamment dans ce territoire.

Ainsi, sur la base de la deuxième règle de nomenclature, une circonscription électorale dont les limites sont modifiées conserverait son nom lorsque la modification territoriale n’a pas pour effet de le rendre inopportun.

Étape 3

Enfin, la troisième règle de nomenclature prévoit des balises desquelles la Commission s’inspire afin de procéder au choix du nom d’une nouvelle circonscription ou d’une circonscription dont la délimitation modifiée justifie l’attribution d’un nouveau nom. Ces balises sont les suivantes :

Un toponyme unique

La Commission privilégie une dénomination composée d’un seul toponyme.

La référence géographique

La Commission considère que la référence à une entité géographique naturelle majeure (lac, rivière, montagne, etc.) ou à un lieu habité important (ville) présents dans les limites de la circonscription est une source d’inspiration de première importance pour la désignation des circonscriptions électorales.

La référence administrative

La Commission ne favorise pas l’emploi d’un nom d’entité administrative pour désigner la circonscription dans laquelle elle se trouve. Lorsque les limites de ladite circonscription changent, il n’y a plus adéquation entre ces nouvelles limites et celles de l’entité administrative, ce qui peut rendre nécessaires des changements de nom à répétition.

La référence historique

La Commission considère qu’il est également pertinent de puiser dans l’histoire et le patrimoine d’une communauté pour désigner une circonscription électorale. Un nom créé à partir de ces sources doit posséder un lien avec le territoire de la circonscription.

L’hommage toponymique à l’endroit de personnages

Il est possible de rappeler le souvenir d’un personnage important par l’attribution de son nom à une circonscription électorale. Ce personnage doit :

  • avoir eu un rayonnement à l’échelle du Québec;
  • avoir un lien avec le territoire de la circonscription visée par la dénomination;
  • être décédé depuis au moins un an.

La juxtaposition de toponymes dans un nom

La Commission ne privilégie pas la juxtaposition de toponymes puisque cela peut conduire à la création de « listes » de territoires d’appartenance. Étant donné que ces « listes de territoires d’appartenance » ne peuvent pas toujours les inclure tous, la Commission juge qu’il vaut mieux éviter de les employer en guise de noms.

Si la juxtaposition est jugée inévitable, la Commission souhaite se limiter à deux éléments et elle privilégiera des noms qui possèdent une tradition historique ou patrimoniale. Enfin, lorsqu’il y a regroupement de deux circonscriptions électorales, la Commission considère comme acceptable la juxtaposition des noms des anciennes circonscriptions visées, dans la mesure où ces dénominations ne comportent pas déjà des noms composés.

Origine et signification des noms de circonscriptions
La Commission a produit un document sur l’origine et la signification des toponymes pour l’ensemble des circonscriptions électorales du Québec. Nous vous invitons à consulter ce document intitulé Les 125 circonscriptions électorales – Origine et signification des toponymes – Carte électorale 2011.